Motion thématique : Garantir un bien être militant dans notre parti
Contexte :
Un mouvement politique ne peut être durable sans militant.es qui puissent s’y engager sereinement, s’y épanouir et y rester dans le temps. Aujourd’hui, notre parti est confronté à un important turn-over militant qui fragilise nos collectifs, épuise nos forces vives et limite notre capacité à construire des campagnes et des stratégies sur le moyen et long terme.
Nos campagnes, diverses dans leur mode de fonctionnement et par le niveau de responsabilité de l’échelon départemental, créent une alternance entre des moments de mobilisation enthousiasmants et fédérateurs, comme l’a été la campagne des législatives autour du Nouveau Front Populaire, et des périodes beaucoup plus conflictuelles, à l’image de la campagne des municipales, marquée par des tensions internes et des divisions. Ces campagnes internes et externes créent une fatigue militante profonde, qui se traduit par des burn-out militants, des départs silencieux et une difficulté croissante à fidéliser les personnes qui nous rejoignent.
Cette réalité est d’autant plus importante à prendre en compte que beaucoup des collaborateur·ices sont aussi militant·es Écologistes. Les frontières entre engagement politique, travail salarié et investissement personnel deviennent alors poreuses, augmentant les risques d’épuisement, de surcharge mentale et de conflits mal gérés. De même, certaines limites sont parfois dépassées auprès du respect des conditions de travail des salarié.es du parti à toutes les échelles. Si nous voulons construire une écologie politique crédible, humaine et capable de transformer la société, nous devons aussi transformer notre manière de faire vivre notre organisation. Le bien-être militant ne doit plus être considéré comme une question secondaire ou individuelle : il est une condition essentielle de notre efficacité collective et de notre capacité à durer.
Enfin, un parti qui favorise le bien être de ses militant.es est un parti qui inclut réellement des profils diversifiés, lutte contre les discriminations et favorise la pluralité dans ses instances.
Propositions :
Pour cela, nous devons d’abord investir massivement dans une culture interne du respect, de l’écoute et du management bienveillant. Cela passe par la formation systématique des cadres du parti, des cosec de GL et des élu·es au management positif, à la gestion humaine des équipes et à la prévention des violences sexistes et sexuelles. Encadrer une équipe militante ne s’improvise pas : il faut apprendre à prévenir les conflits, accompagner les personnes en difficulté, répartir la charge de travail et construire des espaces de confiance et de bienveillance. Cela doit d’autant plus être le cas avec nos modes de communication divers (réseaux sociaux, conversations de groupes digitales, mails etc). Ces compétences doivent devenir une exigence politique au même titre que les compétences programmatiques.
Afin de permettre à tous·tes les militant.es de pouvoir s’exprimer librement sans crainte de représailles ou de jugement, nous proposons la mise à disposition d’un formulaire d’expression libre, accessible à l’ensemble des militant·es et pouvant être anonymisé. Cet outil permettrait de faire remonter aussi bien des idées politiques et des propositions de mobilisations que des problématiques rencontrées dans les GL, des situations de tensions ou des difficultés relationnelles. Trop de militant·es quittent aujourd’hui notre parti à cause de moments houleux ou faute de trouver ce qu’il le convient, cet outil permet de créer un espace d’écoute ou un moyen simple d’alerter sur des situations problématiques afin de prévenir ces départs.
Pour pouvoir traiter ces remontées, nous devons également nous doter d’un véritable processus de gestion des crises internes. Nous devons être capables d’anticiper les conflits et tension ou du moins les traiter rapidement lorsqu’ils sont remontés. Cela suppose des formations renforcées pour les membres du BED, des procédures claires, des dispositifs d’accompagnement et une meilleure identification des personnes ressources capables d’intervenir en cas de difficulté. Prévenir vaut toujours mieux que réparer, et nous ne pouvons plus laisser les crises internes se gérer dans l’improvisation ou l’épuisement collectif.
En plus de travailler sur notre fonctionnement interne, nous devrons faire évoluer nos pratiques militantes afin qu’elles puissent parler et correspondre aux attentes de tous.tes les militant.es. Nous proposons donc de mener un travail de co-construction avec tous.tes les adhérent.es de Paris avec une grande consultation portant notamment sur l’amélioration de nos pratiques d’inclusion en faveur du bien être des militant.es afin de pérenniser leur engagement.
Enfin, le travail déjà engagé sur les droits des collaborateur·ices doit être poursuivi et renforcé. Garantir des conditions de travail respectueuses et protéger les équilibres de vie pro et perso sont des enjeux essentiels. Une écologie politique cohérente doit être capable d’appliquer à elle-même les principes de justice, de dignité et de solidarité qu’elle défend. Prendre soin des militant·es, des bénévoles en responsabilités et des salarié·es du parti, doit faire partie de nos principaux combats !
Premier.es signataires :
Justine Bigel (GL 11)
Elise Bruhat (GL 15)
Anthony Rodrigues (GL 17)
Elisabeth Abanda (GL 19)
Eric Berlemont (GL 11)
Cesar Bouvet (GL 10)
Valentin Cèze (GL 19)
Roxane Dollet (GL 11)
Jean-Luc Dumesnil (GL 17)
Chloé Hilgros (GL 19)
Arthur Kanengieser (GL 11)
