Motion thématique : parité sociale et intersectionnalité

Motion thématique
Pour la construction d’un mode de désignation permettant une parité sociale et une prise en compte de l’intersectionnalité au sein de nos listes internes et externes

Pour la construction d’un mode de désignation permettant une parité sociale et une prise en compte de l’intersectionnalité au sein de nos listes internes et externes

Cette motion propose de faire de la représentativité réelle de notre société, un axe central de notre organisation et de nos futures listes électorales, notamment à travers le principe de parité sociale. Pour un parti démocratique et populaire, fidèle à ses combats, il ne s’agit pas seulement de convaincre, mais de construire et d’agir ensemble autour d’un projet politique radical, concret et profondément transformateur.

Alors que les crises écologique, démocratique et sociale s’aggravent, et que les idées fascistes et réactionnaires progressent, il est essentiel que celles et ceux qui en subissent les conséquences les plus directes prennent toute leur place dans la vie politique et au sein des Écologistes.

Au cours des trois prochaines années, le département ne sera pas décisionnaire dans les désignations de listes et/ou de personnes pour des élections, nous proposons de profiter de ce temps pour réfléchir à une autre méthode de désignation.

Contexte :

L’association Démocratiser la politique rappelle que 30 % des 2,17 millions de personnes ayant candidaté au moins une fois à une élection depuis 2002 appartiennent aux classes populaires. Pourtant, cet engagement initial se traduit très faiblement par un accès réel au pouvoir.

Les classes supérieures demeurent largement surreprésentées dans les positions éligibles et les fonctions de responsabilité, révélant ainsi une éviction structurelle des classes populaires et moyennes.

Pour autant, une écologie politique véritablement émancipatrice, porteuse de nouvelles libertés, de nouveaux droits, de biens communs, de services publics renforcés et de la capacité de vivre dignement, ne pourra être penser, exister et se diffuser qu’à travers un réel partage du pouvoir et une représentation de toutes et tous. C’est à cette condition que nous pourrons porter un regard radical et populaire sur l’ensemble des enjeux démocratiques, sociaux et écologiques actuels et à venir.

Aujourd’hui, le critère “diversité” mis en avant lors de nos désignations internes ou externes est trop flou et ne permet pas de considérer chaque diversité et discrimination intrinsèquement, ni de considérer l’intersectionnalité.

Le principe de parité sociale :

L’enjeu ne se limite pas à atteindre des pourcentages à un moment donné lors des élections, mais à engager un travail de fond contre les mécanismes de reproduction des rapports sociaux dans le champ politique dans son ensemble. Appliquer dès aujourd’hui le principe de parité sociale, c’est aller au-delà d’une simple parité numérique pour viser une représentation fidèle de la diversité sociale, culturelle, territoriale et des parcours de vie qui composent notre société et qui manque aujourd’hui en politique et dans notre parti.

Cela implique d’ouvrir réellement notre organisation, en reconnaissant notamment les déséquilibres existants et la surreprésentation persistante des catégories sociales les plus favorisées. Il s’agit aussi d’observer concrètement la composition sociale de nos candidat·es et des listes, soit très directement des métiers qui la composent (dans toute leur nuance et avec l’aide de collectifs et associations), en particulier aux places éligibles, et de la confronter à la réalité des territoires concernés. A chaque élection, cela suppose de favoriser activement l’émergence de candidat·es issu·es des classes populaires, notamment en position éligible.

Le travail mené par l’association Démocratiser la politique peut constituer une base solide de réflexion et de collaboration, notamment à travers leur évaluation de la situation lors des dernières élections municipales de 2026. Il souligne notamment le recul de la représentativité de la liste de l’Union de la gauche et des écologistes à Paris, évaluée à 0 % de personnes issues des classes populaires parmi les 10 % de positions les plus éligibles, et à seulement 3 % sur l’ensemble de la liste.

Il en va de même pour la motion « Pour des élu·es écologistes représentatif·ves de nos villes et villages », adoptée lors du Conseil fédéral des Ecologistes du 10 octobre 2025, qui permet d’articuler le principe de parité sociale avec une exigence de représentativité face aux multiples rapports de domination qui traversent la société ainsi que l’ensemble des classes sociales, en intégrant et prenant en compte l’ensemble des formes de discrimination : validisme, racisme, antisémitisme, islamophobie, sexisme, LGBTQIA+-phobies, spécisme, âgisme, etc.

C’est prendre en compte les différentes classes sociales, mais aussi les dynamiques de domination qui les traversent.

Nous devons :

● Faire un bilan des précédentes élections municipales, des critères de représentativité que nous nous étions fixés, de leur respect effectif ainsi que de l’efficacité des méthodes et orientations mises en œuvre ;

● Co construire avec des associations, collectifs et militant·es un mode de désignation pour les prochaines élections à Paris, sur la base du principe de parité sociale ;

● Renforcer notre exigence de représentativité des personnes faisant l’objet de discriminations, avec une prise en compte réelle des rapports de domination présents dans la société comme au sein de notre parti.

Notre conviction :

En ouvrant durablement nos luttes, notre fonctionnement et notre militantisme, et en portant ces exigences à chaque échéance électorale à venir, l’écologie politique gagnera en force, en ancrage et en crédibilité à Paris.

Cette motion s’inscrit dans une volonté globale de militer, de prendre des décisions, de lutter et de communiquer à Paris de manière plus inclusive, plus ancrée dans le terrain et plus fidèle à la diversité des réalités, tant dans ses objectifs que dans ses représentations et ses thématiques.

Premier.es signataires :

Jeanne Ouvret (GL 17)
Anthony Rodrigues (GL 17)
Arnaud Salettes (GL 15)
Elisabeth Abanda (GL 19)
Eric Berlemont (GL 11)
Justine Bigel (GL 11)
Cesar Bouvet (GL 10)
Elise Bruhat (GL 15)
Valentin Cèze (GL 19)
Roxane Dollet (GL 11)
Jean-Luc Dumesnil (GL 17)
Chloé Hilgros (GL 19)
Arthur Kanengieser (GL 11)